Nous sommes en période de carême pour les chrétiens, bientôt le 18 et 20 avril : le Vendredi Saint puis Pâques...
Paroisse - Notre Dame de l’Etoile – Pont de l’étoile 13360
Roquevaire
Note historique : Le Chemin de Croix
Le 8 décembre 1867, des habitants du hameau de l’Etoile
forment un syndicat pour la réalisation du projet de la construction d’une
chapelle située au centre de l’agglomération.
Le 1er juin 1868, Mgr Place, évêque de Marseille pose la première pierre, et dès le 2 mai
1869, il procède à la bénédiction solennelle de l’Eglise Notre Dame de l’Etoile.
L’abbé Aimé Raynaud
est installé, le 4 juillet 1869, en qualité de recteur de l’Eglise N-D de
l’Etoile. Précédemment, il était vicaire à Roquevaire depuis 3 ans.
A son arrivée, l’abbé Raynaud trouve son église neuve,
mais bien vide d’ornements religieux. Le jour de son installation, elle ne
contenait qu’une chaire portative provenant de Roquevaire, deux statues, un
autel improvisé et le confessionnal formé de quatre planches.
Tout de suite, le prêtre va s’employer à doter son église
des objets nécessaires au culte et à la dévotion de ses fidèles. Il les
sollicite rapidement et leurs dons vont affluer. Ce sont des dons de personnes
de toutes origines sociales, des dons individuels de notables, des négociants,
fabricants de papier et de faïence, de femmes pieuses, mais aussi des dons d’anonymes
qui se sont regroupés, des cultivateurs d’un quartier et d’ouvriers d’une
manufacture du village qui vont permettre l’achat des 14 tableaux du Chemin de
Croix.
Le 5 décembre 1869, l’érection canonique de ce chemin de
croix est effectuée par le vicaire d’Aubagne.
1ère station : Jésus est condamné à mort Don de Rosalie LONG.
2ème station : Jésus est chargé de sa croix Don des habitants du Quartier
des Troubats.
3ème station : Jésus
tombe sur le chemin Don de Annette ORGNON.
4ème station : Jésus
rencontre sa mère Don de Célestin GLIZE (fils de Charles GLIZE, avec son neveu Célestin NIEL, il dirige la faïencerie
de l’Etoile qui a été jointe à la fabrique de papier en 1852).
5ème station : Jésus
est aidé par Simon le Cyrénéen Don de Anaïs LAN.
6ème station : Véronique
essuie le visage du Christ Don de Marguerite TROUBAT.
7ème station : Jésus
tombe une deuxième fois Don de la « fabrique » (à l’époque du Concordat, c’est un conseil
paroissial particulièrement chargé de la gestion financière de l’église et de
ses biens…).
8ème station : Jésus
parle aux femmes de Jérusalem Don de Fortuné NEGREL.
9ème station : Jésus
tombe pour la troisième fois Divers donateurs réunis.
10ème station : Jésus
est dépouillé de ses vêtements Don de Sabine ORGNON.
11ème station : Jésus
est cloué à la croix Don de Marie-Madeleine MAURIN, veuve Toulon (cette dame fut très généreuse car elle a été
aussi donatrice du confessionnal -1871, d’un tableau et de la statue de Saint
Louis de Gonzagues…).
12ème station : Jésus
meurt sur la croix Don des ouvriers papetiers.
13ème station : Jésus
descendu de la croix est remis à sa mère Don de Thérésine OLLIVIER.
14ème station : Jésus
est mis au tombeau Don de Madelon
OLLIVIER.
Les quatorze tableaux furent achetés à raison de 16
francs de l’époque la pièce, soit un total de 224 francs 1868 (environ 6 à 8.000
francs 1996).
Il est à noter que le 23 février 1906, lors de l’inventaire
des biens de l’église, en application de la Loi de séparation des églises et de
l’Etat, cet ensemble fut décrit et estimé sous le numéro 27 : « Chemin
de Croix, 14 tableaux, peinture avec cadre bois noir et or surmonté d’une croix »
pour un montant total de 150 francs 1906.
Ces tableaux sont le témoignage toujours présent des
premiers objets du culte dans le passé de notre église puisqu’ils furent
installés dans les premiers de son existence.
C’était un aspect important de la religion populaire au
dix-neuvième siècle. En ce temps, les illettrés étant encore nombreux, la
Passion du Christ était enseignée par l’image en 14 tableaux. Elle est revécue
par les participants qui prient avec tout leur être, car ils cheminent dans l’église,
se recueillent et s’agenouillent à chaque station.
Par l’accomplissement de ces pratiques, ils méditent à
leur manière sur l’Amour de Dieu. En ces temps où la vie reste dure et difficile,
la dévotion au Chemin de Croix rend présent, au milieu de ces populations
rurales et ouvrières, un Dieu étonnamment proche des souffrances des hommes.
Auteur anonyme vers 1996
Don de M NSK
2025 04 ACC (transcription)