dimanche 29 septembre 2024

Expo chapelle

Vendredi, journée plutôt calme: 12 personnes très intéressées. 

Un jeune a dit: "Je ne savais pas qu'il y avait autant de choses à Roquevaire." Sa mère lui avait déjà parlé de la savonnerie.

Samedi matin et samedi après midi pour les conférences, un public attentif ( 26 puis 25 personnes) ; pour l'exposition des visiteurs supplémentaires...

On a retracé la vie de la chapelle Saint Vincent du temps de la Villa Lasa, mais les données écrites sont quasi inexistantes (invasions de Normands...Sarrasins chassés par Guillaume le Libérateur vers 973)

Les églises chrétiennes qui s'étaient développées en Provence depuis le Vème siècle vont ressortir de leurs cendres ou ruines.

A partir de 1056, où elle est donnée, avec son tènement, par Adalmoïs et Elesinde à l'abbaye de Saint Victor il y a un laps de temps de presque 100 ans où la chapelle est restée la principale église du lieu.

Par la suite, quand le château-fort (vers 1155) et  l'église de Notre Dame de Lausa ont été édifiés,  "Roquevaire" est apparu autour de la nouvelle église. Mais la chapelle Saint Vincent a continué à vivre.

La liste de ses propriétaires au cours des siècles est longue. Les fouilles ont laissé des ossements et des artefacts qui ont parlé!

La suite du bilan : ce dimanche, des visiteurs qui sont restés très longtemps et ont posé de multiples questions.

Merci à tous ceux qui sont venus d'Auriol, la Destrousse, Pont de l'Etoile, Cassis...

2024 09 ACC


jeudi 26 septembre 2024

Rancurel Mathieu 1788-1853

Mathieu Rancurel, en fait Jean Mathieu, fils d'Etienne et Lan Angélique, est né le 20 9 1788 à Roquevaire, s'y marie le 11 4 1809 avec Marie Catherine Matty, décéde à Marseille le 16 12 1853. Il sera successivement cultivateur, cabaretier et journalier. Il aura au moins 2 fils à Roquevaire.

En 1832, probablement suite au décès de François Foltz époux de l'héritière des Cabre, il est propriétaire à St Vincent ( section la Gardy), la liste de ses terrains sont inscrits au cadastre.

 En 1835,  il doit vendre un terrain à la Bégude ( saisie immobilière-Roquevaire) - source le Sémaphore juin 1835; il réside alors à Marseille, chemin de St Pierre.

2024 09 ACC


 

mardi 24 septembre 2024

Journée patrimoine

 40 personnes sont venues le samedi, et certaines sont venues aussi le dimanche alors que nous n'avions pas prévu d'ouvrir, juste ranger.

Nos bénévoles se sont débrouillés pour répondre à la curiosité de chacun (en l'absence du président pour cause de réunion familiale et de votre servante aphone: Nul n'est irremplaçable bien sûr!) 

 Jean Luc Guillen nous propose sa vidéo sur la chapelle Saint Vincent, c'était il y a 5 ans: 

https://www.dailymotion.com/video/x70o9ou

 Merci aussi pour le don de son "pilote pour diaporama" 

2024 09 ACC

jeudi 19 septembre 2024

Statistique BdR

 Comme dit dans l'article  "le Clos Castellan 4",  la Statistique des Bouches du Rhône du comte de Villeneuve (1821) contient des erreurs, comme nous le signale J H Albanes dans ses notes (Histoire de la ville de Roquevaire et de ses seigneurs au Moyen Age) :

 

 

https://asphcr13.blogspot.com/2024/09/clos-castellan-4.html  

2024 09 

mercredi 18 septembre 2024

Negrel mine lignite

 Adrech http://bolcodenis.free.fr/encyclopedie.php

"Le 13 août 1900, Suivant acte reçu aux minutes de Me Guigou, notaire à Marseille, M. Charles-Albert Négrel-Martini, fabricant de ciment, demeurant à Roquevaire, a acquis moyennant le prix principal de dix mille francs, de M. Alphonse-Jules-Antoine Aude, notaire honoraire, demeurant à Aix, place d'Albertas, 15, une concession de mine de lignite, dite : de l'Adrech, située sur le terroir des communes de Fuveau et de Belcodène, dont M. Antoine-François Aude, père du vendeur, avait été concessionnaire par ordonnance royale du 29 mai 1843, d'une étendue superficielle de 38 hectares dans les limites qui sont indiquées dans ladite ordonnance de concession; ensemble tous les droits acquis sur un terrain limitrophe de la dite concession, de M. Michel Armand et Cie, et de Mme Double, veuve Sémeric. 

Le Mémorial d'Aix du 25 octobre 1900. (Bibliothèque Méjanes)"

Pour fabriquer le ciment, un combustible est nécessaire : ici le lignite, présent à proximité.

2024 09 ACC

lundi 16 septembre 2024

+ 1726 ermite

 Le 11 novembre 1726 est inhumé Jean Louis Lan "hermite de Saint Vincent" fils de Louis et de Long ? né vers 1656


état civil décès archives départementales 13

2024 09 ACC

jeudi 12 septembre 2024

Journées Patrimoine

JEP : Ouverture du musée le samedi 21 septembre de 10 h à 12h et de 14h à 16h30

L'entrée est gratuite et les bénévoles seront ravis de vous accueillir

 Ne pas comparer la muséographie du Louvre avec celle de notre musée, on améliore peu à peu, et votre sourire est notre récompense!

Age du bronze... il va falloir ajouter des informations sur l'échelle du temps dans le musée.

 Roquevaire est concerné , René Verrier parlait (ca 1940) déjà d'une plaquette en bronze de la baume de Foule (1919 Léon Benoit).

 Il faut ajouter :

- Lascours, 

- le site correspondant au jardin de la bastide Jean (où se trouvent "les terrasses du château"!) rue Elsa Triolet: utilisation de plus de 500 poteaux en bois pour des constructions ...

 L'atlas archéologique de la France ( INRAP, Tallandier) précise qu'à cette époque les populations choisissaient " des emplacements précis intimement liés à leur environnement comme les fleuves, ou les marais- culte des eaux, protection des divinités"...

Une époque maintenant mieux connue comme à Mycènes en Grèce, à Tollense en Allemagne... dont les restes montrent des connaissances techniques remarquables

 Et pour le week-end suivant:

2024 09 ACC

lundi 9 septembre 2024

Vérités?

Au cours du forum des loisirs, des questions ont été posées, des affirmations dites...

Difficile de convaincre des personnes sûres de leur dire... Je n'ai rien contre les "Saint Thomas", j'en suis une aussi.😀

Quand je ne sais pas, je ne sais pas, quand 2 versions existent je les propose, quand je fais des suppositions j'emploie le conditionnel, je donne des arguments...

Certains font du mal au "savoir historique", en formulant des affirmations sans citer les sources.

Ne croyez pas tout ce qui est  écrit, internet contient le meilleur et le pire.

L'histoire évolue continuellement, ce que je dis ou ce qu'un historien dit est valable à un instant t, demain dans six mois ou plus, une nouvelle découverte peut tout bouleverser.

NB: je peux me tromper, je signe, je date les articles 

2024 09 ACC

dimanche 8 septembre 2024

Clos Castellan 4 réponse?

Suite... https://asphcr13.blogspot.com/2024/07/clos-castellan-f3.html

En juin et  juillet, suite à la parution des premiers résultats de l'INRAP, j'avais publié quelques articles sur la savonnerie. Je viens d'apprendre que les travaux de l'INRAP sont prolongés... donc nous aurons encore des surprises sans doute.

En relisant le document, une partie m'interpelle :  la partie 2 de E Miéjac concernant le contexte archéologique et historique de Roquevaire, très riche en informations, mentionne Solobio . 

 Une question que je m'étais déjà posée : existe-t-il 2 Solobio ? A 2 endroits différents et à 2 époques?

Pour E Miéjac : en page 31

Les 5 dernières lignes me laissent perplexe. Qui éclaire ma lanterne? en attendant d'avoir fini mon travail sur St Estève ?

Pour Bruno Carpentier : Auriol tome 1 origine et fief médiéval

cf sentence du roi Alphonse 3 6 1177 page 118-123  et la carte p 132

 

La situation près de Peypin, je l'avais déjà rencontrée lors de litiges concernant les propriétaires du château de Peypin.  

Merci Robert Long pour le prêt de son livre sur Auriol

Croissance agricole en Provence  Monique Zerner p 153 167

https://books.openedition.org/pumi/22732?lang=fr

https://fr.wiktionary.org/wiki/La_Destrousse 

2024 09 ACC 

Modifié le 17 09 ET le 19.

Une solution se retrouve dans la Statistique des Bouches du Rhône  écrite sous la direction du préfet comte  De Villeneuve  1821(VOIR CANTON DE ROQUEVAIRE) qui ne m'a pas semblée toujours fiable.


 


https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53971725

https://asphcr13.blogspot.com/2024/09/statistique.html

vendredi 6 septembre 2024

AD visites

 Si vous souhaitez participer aux visites contactez nous pour former un groupe

2024 09 ACC

A Gilly

 Le livret d'Alexandre Gilly : Histoire de l'occupation et de la libération d' Aubagne Peypin, Cadolive.... 1942 1944 nous a apporté des informations sur Roquevaire et alentours

L'auteur se retrouve aussi dans le Maitron  https://maitron.fr/spip.php?article4366

" Né le 29 avril 1927 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 23 février 1998 à Aubagne (Bouches-du-Rhône) ; contrôleur ; résistant ; militant socialiste SFIO, puis du Parti socialiste autonome (PSA), puis du Parti socialiste unifié (PSU).".......

 https://asphcr13.blogspot.com/2024/08/aout-1944.html

2024 09 ACC 


mercredi 4 septembre 2024

Armée ancien régime

 J'ai été contactée par une personne de Rennes qui s'intéresse aux régiments de l'ancien régime. L'individu grenadier de la compagnie de Brie, né en 1750 meurt en 1775, livre des détails sur ses parents, ses caractéristiques morphologiques, son état dans l'armée.... A vous d'exploiter cette base?

https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/fr/article.php?laref=3013&titre=page-previsu&pr=1 

2024 09ACC

mardi 3 septembre 2024

Chabert Fernand 1944

Fernand Marie Joseph CHABERT

Mort pour la France le 22-08-1944 (Pont de l'Etoile, France)

Né le 14-03-1922 à Bourrelier (Algérie). 22 ans, 5 mois et 8 jours

Statut militaire : Unité 6e régiment d'artillerie d'Afrique (6e RAA)

Mention Mort pour la France

Sources : Service historique de la Défense, Caen. Cote AC 21 P 40780

Base des militaires décédés  pendant la seconde guerre mondiale (Mémoires des hommes)

Informations supplémentaires

Fernand Marie Joseph CHABERT °14/03/1922 Bourlier (Wilaya Tiaret)

+21/08/1944 à Roquevaire

Sources : https://gw.geneanet.org/jfabienne?n=chabert&oc=&p=fernand+marie+joseph

Bourlier, village créé en 1916

Son frère:

Elie Martin CHABERT °25/01/1912 Narbonne +17/12/1944 Orbey (68, près de Colmar)

x 19/07/1939 à Mehdia de Meghila, Wilaya de Tiaret avec Marie Joséphine BARDOT

Sources : Mémoire des hommes, Filae + Geneanet

D’après la lettre de sa sœur Martine du 14/02/1945 adressée d’Oran à Roquevaire : capitaine au 1°RTA

 Sa soeur :

Martine Fernande Marie CHABERT

°12/10/1916 Bourlier +22/03/1993 Montpellier

2024 09 J Cot

Vill(ag)e!

 Il était une fois un village... Et puis il a fallu, "construire la ville sur la ville", des logements sociaux pour diminuer les pénalités dues aux impôts...

Bilan: bruit, poussière, végétaux massacrés, pour toujours un peu plus de béton sans souci des problèmes d'écologie et de changement climatique, égout déjà sous dimensionné qui pue, voirie sans doute pas adaptée au trafic futur...  Suis- je pessimiste ?  Voilà ce qu'on peut voir à Roquevaire, sans compter les visiteurs indélicats qui s'invitent chez vous et se servent...

Avant

Peu après

Près du pylône l'habitat premier

Photos CC

2024 09 ACC

mercredi 21 août 2024

mardi 20 août 2024

Témoignage 1944

 Mr Viala a bien voulu communiquer ses souvenirs à l'occasion de ce 80ème anniversaire de la libération de Roquevaire. La libération en 4 épisodes. Merci!


" ROQUEVAIRE. Village de Provence envahi en 1942 : Le tiraillement des estomacs           

Après le 11 Novembre 1942 la zone dite libre a été à son tour sous l’emprise de l’occupation allemande.         

Pour moi ce fut la surprise d’une découverte, un matin de ce mois d’automne, sur la grande place plantée de platanes dégarnis de leur feuillage dite « le Cours ».

A l’ouverture des volets à persiennes un spectacle d’engins militaires de toutes sortes s’offrait à toute la famille réunie au balcon pour la circonstance. Une vraie caverne d’Ali Baba ! Des jouets en vrai grandeur pouvaient être contemplés depuis le troisième étage de notre habitation. Des hommes en uniforme vert se déplaçaient autour de chars, de canons tractés, de camions lourds et de véhicules légers, de roulotte de cuisine, d’ambulance…

Nos parents n’ont pu nous contenir très longtemps à distance malgré leur crainte de nous voir approcher l’ennemi. Nous nous en sommes plutôt bien tirés. Ces hommes pouvaient être aussi des pères de famille. Nous sommes revenus à la maison avec du pain qui était alors une denrée rare et convoitée. Façon peut-être aussi de s’attirer les bonnes grâces des indigènes.

Dans les jours qui ont suivi d’autres convois ont stationné sur le Cours, nous les côtoyions avec la même curiosité et le même intérêt auquel nous avions rajouté les mèches. C’était des tiges grises ressemblant à des pâtes alimentaires en forme de long brin de paille de blé. Elles avaient leur utilité dans la mise à feu d’engins explosifs. Pour nous qui jouions aux soldats dans les collines environnantes, cela faisait plus vrai une fois allumées en bout de nos carabines en bois, faites mains. Nous n’avons jamais mis le feu aux pinèdes !

Certains adultes avaient aussi des comportements singuliers en raison de la rareté de la nourriture. Il y avait des gens des villes qui venaient à vélo avec remorque pour acheter des victuailles. Toutefois des gens des champs n’étaient pas exempts de trocs. Le responsable local de ce qui faisait alors fonction de notre EDF actuelle a raccordé au réseau électrique l’habitation d’un paysan des environs. Comme souvent le nom du lieu était donné comme sobriquet au résident. En l’espèce il s’agissait de Gabriel de « Bassan » ou plus succinctement Bassan, car il était le seul habitant avec sa famille de ces espaces caillouteux

La transaction comportait la fourniture de lumière contre fourniture d’un lapin.  L’absence de compteur était tacite. L’affaire dura jusqu’à la Libération lorsque l’ampoule gagnée sans doute par l’ambiance de liberté s’est mise à refuser toute collaboration. Le préposé de la distribution de courant n’était plus le même. Bassan est venu crier au scandale de se voir privé de lumière alors qu’il avait fourni son rongeur domestique. Il en a été quitte avec la mise en place d’un compteur moyennant finance. Il ne savait pas que les ampoules, même rares, se trouvaient dans le commerce local. Fatale ignorance !

Dans le sud de la France il y avait une cohabitation difficile entre les Italiens et les Allemands occupant ensemble la région. Toujours en matière de nourriture, j’ai assisté à une scène étonnante pour moi. La logistique des deux armées était distincte, celle de Mussolini n’avait pas l’efficacité de celle d’Hitler. Les « babi » comme étaient surnommés les italiens n’avaient pas grande nourriture.

 Ils avançaient avec leur mulet dans ce convoi qui traversait le village ce jour-là. Ils quêtaient de quoi se nourrir, lorsqu’un soldat allemand a mis dans la gueule de l’animal un chouette navet dont le muletier italien se serait bien contenté. Je n’étais pas alors en mesure de traduire la répartie du transalpin, apparemment, le germain non plus.

 

ROQUEVAIRE. Village de Provence Libération en Aout 44 : Les Allemands

Lors de son départ, l’occupant pouvait-être encore dangereux.

La gare était un équipement majeur durant l’occupation notamment pour soustraire aux raids aériens des convois matériels militaires qui pouvaient ainsi emprunter des liaisons moins surveillées. Des habitants des villages traversés par cette voie ferrée étaient réquisitionnés pour creuser des trous pouvant servir au camouflage d’un homme armé surveillant la liaison. Ils étaient distants quelques dizaines de mètres suivant le profil du tracé. Une fois réalisés, ce sont le plus souvent des civils qui étaient de surveillance dans ces caches pour prévenir les sabotages. Ils en répondaient sur leur vie en tant qu’otage. Il n’y a pas eu de dégâts.

            Au moment du débarquement en Normandie, le parc à marchandises de la gare s’est couvert d’une multitude de bicyclettes noires, identiques dont les roues et rayons scintillaient au soleil de l’Eté. C’était en prévision d’une débâcle possible, disait-on. Ils ont disparu comme ils étaient venus. Mystère.

L’autre grand espace était le terrain de foot. Il avait été récupéré pour servir de campement hors agglomération. En particulier il y avait une roulotte qui satisfaisait aux exigences de la nourriture des troupes allemandes stationnées là. A couvert sous les grands arbres le long de l’Huveaune, au-delà de laquelle passait la route nationale reliant Aix à Toulon. Nous y circulions à bicyclette pour nous rendre à notre « campagne ». C’est le nom que l’on donnait dans la région marseillaise pour dénommer un bien agricole possédé séparément du lieu de résidence.

            Dans cet espace dont les extrémités n’étaient éloignées que d’un millier de mètres ma famille a vécu deux incidents qui auraient pu être dramatiques.

Mon père était seul à pédaler sur son attelage vélo-remorque pour livrer des fruits au « messager ». C’était le nom du transporteur, véhicule au gazogène, qui assurer le groupage des colis de fruits et légumes et leur livraison aux grossistes de Marseille ravitaillant les vendeurs sur le marché de la Plaine et celui du Cours Julien.

Il montait la déclinaison de la Tannerie, voisine du terrain de foot. Deux camions de la Sté SIPA, fabricant des pâtes alimentaires viennent de le doubler. Ils sont de couleur sable.

C’est le moment que choisissent des chasseurs alliés pour les mitrailler, les confondant avec des véhicules de l’occupant ! Mon père n’a dû son salut qu’au réflexe de se précipiter dans le caniveau. Tout confondu, le cycliste, le matériel roulant. La récolte était perdue. L’agriculteur lui était fort heureusement sauf. L’alerte avait été chaude. Tout compte fait autant se battre ! Les armes étaient cachées dans le garage où nous dormions à la campagne.

Pour éviter de nous exposer au village mon père avait décidé de vivre au dehors. Sa qualité antérieure d’otage, n’était pas si ancienne, ses activités ne devaient pas être très orthodoxes.

C’est si vrai qu’ils sont intervenus à plusieurs pour chasser les quelques derniers Allemands qui étaient encore autour de la roulotte. Ils en ont ramené une denrée rare : du poivre dans un étui en bakélite. De chasseurs ils sont devenus chassés.

L’alerte avait pu être donnée auprès des feld-gendarmes à bord de side-cars. Ils ont épluché le périmètre, somme toute restreint Seulement voilà. Ils n’ont pas manqué d’aboutir, de nuit, au garage où ma mère et mon frère avec moi étions supposés dormir. Les phares ont éclairé le local qui était ouvert, mais situé à l’extrémité d’un chemin conduisant à un bois en surplomb. Ont-ils craint un guet-apens, toujours est-il qu’ils sont repartis sans venir jusqu’à nous qui ne voyons que des phares sous des casques et des armes en travers de leurs corps. Ouf !

            L’envahisseur, ici, s’était montré pour la dernière fois, sans dommage. Ce ne fut pas partout le cas bien malheureusement.

 

ROQUEVAIRE. Village de Provence.  Eté 1944

C’est un chef-lieu de canton entre Aubagne & Aix en Provence, dans la vallée de l’Huveaune, rivière côtière qui y a fait son lit, enfoncée entre la chaine de l’Etoile, dominée par le mont Garlaban et celle de Bassan, contre fort de la St Beaume laquelle culmine à 1000 mètres.

Tout proche du Pont de Joux, au nord, où la route de Nice vient rejoindre celle d’Aix elle-même conduisant à la route des Alpes et à celle de la vallée du Rhône.  Très proche également au sud du Pont de l’Etoile où bifurquent les routes de Marseille et de Toulon.

Il s’agissait donc d’un village stratégique de surcroit desservi par une voie ferrée secondaire en bon état de marche.

            Nous verrons une série d’anecdotes relatives à cette période alors que j’étais dans ma huitième année : le départ de Marseille en juillet 40, la vie d’enfant entre garrigues et scolarité

mais aussi la vie aux champs, l’arrivée puis le départ de l’occupant, sur ce dernier quelques souvenirs spécifiques, etc …

Je me souviens. Août 1944 

Cet Eté là, nous vivions la déroute des Allemands. On verra par ailleurs qu’elle n’était pas sans risque. Le débarquement de Provence venait d’avoir lieu à Cavalaire dans le Var.

Les alliés, avec de Lattre de Tassigny pour la France voulaient remonter au plus vite vers l’Allemagne par le couloir du Rhône et la route des Alpes.

Les maquis des plateaux du Vercors et des Glières   n’en ont malheureusement pas profité.

Ils devaient cependant neutraliser les troupes ennemies à Toulon et à Marseille.

La situation de Roquevaire au carrefour des routes conduisant et venant de ces deux villes nous mettait sur le chemin des libérateurs. Suivant une pratique déjà commune en Italie les convois de véhicules ne manquaient pas de jeter aux habitants, le long des routes, des cigarettes, des conserves, du pain, du chocolat et du chewing-gum.

J’en ai trouvé une tablette, toute seule au fond d’un grand carton que d’autres avaient dû vider de son contenu. Ce fut, pour moi, une découverte pleine d’appréhension. En août, il fait chaud en Provence, la gomme était toute ramollie.

De retour à la maison, un fourgon bâché, un Dodge de l’armée des USA était stationné à proximité de notre habitation sur la grande place du village. Un grand gaillard s’en extrait et vient vers nous : mon frère, moi et quelques camarades. Cet « Américain » parle très bien le français. Il arrive du Maroc, comme tant d’autres venus aussi d’Afrique, après avoir accompli la très dure campagne d’Italie. Il nous demande si nous savons où habite la famille Viala !

C’était notre cousin qui avait suivi son père, militaire de carrière, dans l’épopée des « Africains qui revenaient de loin pour défendre le Pays ». Son frère plus jeune était resté au Maroc avec sa mère. Bien sûr, pour Pierre et moi le roi n’était évidemment pas notre cousin !

Nous l’avons fait monter chez nous, un troisième étage d’une maison de village, où nos parents qui le connaissaient, l’ont accueilli avec son auréole de vainqueur… et ses victuailles en ces temps de disette.

 

André VIALA, le fils ainé de Louis, frère de Jules, mon père, vient de s’éteindre en avril 2008 sur les bords de la Seine, dans l’Eure. Il avait 88 ans. 

Des Andélys, où il résidait, puis à Courseules sur Seine s’étant rapproché du ménage de sa fille « Minouche » il a fini ses jours à l’hôpital d’Evreux. Il est enterré à la Roque d’Anthéron, sur la rive gauche de la Durance où Dady, son épouse, l’a précédé il y a une douzaine d’années.

 

ROQUEVAIRE. Village de Provence libéré en aout 44. Les néos -résistants

            Cette époque est pour mon frère et moi, celle d’une enfance libre dans un pays qui ne l’était pas. Pour nous, cette période si elle a été empreinte de privations ce n’est qu’au niveau de la nourriture. Toutefois mes parents avaient eu la sagesse de quitter la ville de Marseille pour le village de Roquevaire à la campagne, éloigné d’une trentaine de kilomètres.

Nous disposions de lopins de terre permettant la culture de légumes secs et de fruitiers.

De là, nous observions l’évolution des combats aériens lors des bombardements de la ville. Pour nous, c’était un peu comme le vol des hirondelles que nous suivions chaque soir, l’Eté, allongé sur le dos contre le sol encore chaud. Chacun de nous prenait possession de son oiseau pour gagner ou perdre on ne sait plus trop quelle course.

Un autre de nos jeux était bien moins innocent.

Le père d’un de nos camarades était directeur de la carrière locale exploitée par « les plâtrières du Vaucluse ». La matière première s’extrayait du sous-sol à une faible profondeur ce qui ne réclamait pas d’ascenseur comme il en existait dans les mines de lignite du proche bassin de Gardanne. La place ainsi libérée laissait de vastes galeries dont certaines se remplissaient d’eau de la nappe phréatique, variant avec la pluviométrie. Les matériaux extraits sortaient à l’air libre pour rejoindre les fours à l’aide de wagonnets en tôle poussés sur des rails à main d’homme ou avec l’aide de chevaux.

Le site était en lisière du village sur la route conduisant aux barres de Bassan. Profondeur relative et à l’orée des habitations cela faisait notre bonheur. Voici pourquoi.

Lorsque les Allemands se sont finalement installés dans le canton ils se sont bien vite aperçus du parti qu’ils pouvaient tirer des salles des galeries à température relativement basse et constante : un garde-manger où il n’y avait qu’à se préserver, avec des pompes, des humeurs de le nappe d’eau.

Notre camarade a mis un certain temps pour vendre la mèche. L’approche des armées alliées a dû lui faire craindre la perte du bénéfice d’une telle révélation. Ce stockage n’était pas connu de la population du village, il nous est rapidement devenu familier.

Pensez-donc : conserves, rouleaux de bonbons enroulés dans du papier d’aluminium, et suprême délice des cigarettes !

Les combats devant approcher, la carrière tournait au ralenti. Notre allié dans la place savait pertinemment quand nous pouvions installer nos quartiers sous les wagonnets retournés en attente de meilleurs jours. Cette pratique a perduré quelques semaines jusqu’au jour où nous avons bien failli être prisonniers de maquisards un peu tardifs. L’occupant s’enfuyait, il fallait traquer les attardés. Un groupe de guerriers locaux s’est avisé que de la fumée sortait d’un wagonnet posé à l’envers. C’est de cette façon que nous nous sommes retrouvés avec des canons de fusils braqués sous nos narines, à la grande confusion des résistants persuadés de tenir leurs fridolins. Nous avons pu nous enfuir sans difficulté.

La reconnaissance des lieux ayant été faite par les libérateurs ils n’ont pas trainé pour revenir dévaliser le garde à manger à l’aide de charretons, petites charrettes à bras. Le futur Maire faisait partie des déménageurs. Après quelques jours, l’affaire s’étant ébruitée au village, il a décidé de tout faire ramener pour assurer une redistribution plus équitable pour la population.

Notre camarade a eu quelques démêlées avec sa famille, son père n’était pas des plus faciles. Il a bien su identifier l’origine première du pillage des galeries de la carrière dont il avait l’exploitation, toutefois et heureusement pour le plâtre seulement.

Pour nous cette récréation était hélas terminée. Les meilleures choses ont une fin."

communiqué de Mr Viala à la municipalité.